Lumière ! l’info-doc sous les projecteurs

Après Contre-plongée, l’APDEN Nantes propose Lumière ! un second format d’émission pour sa webradio.

Le principe : créer un nouvel espace de mutualisation permettant aux collègues volontaires de partager, sous forme de podcast audio, leurs séances, avec pour objectif de valoriser les compétences pédagogiques des professeur.es documentalistes et ainsi de mettre en lumière la richesse et la diversité de leurs contenus d’enseignement.

NB : les petites distorsions dans les voix sont dûes à l’enregistrement « à distance », nous nous en excusons.

Épisode 1

Travailler la notion d’identité numérique en lycée professionnel : un exemple avec une classe de 1ère Vente

Ce projet intitulé « Réseaux socio-numériques. Construire une identité numérique professionnelle adaptée aux nouvelles attentes des entreprises », a été proposé par Anaïs Hanse, professeure documentaliste (LP Paul Emile Victor, Avrillé). Construit en partenariat avec une enseignante de matière professionnelle, il a été mené dans une classe de première préparant le baccalauréat professionnel vente.

Les grandes lignes du projet

Deux finalités complémentaires ont guidé la construction de trois séquences de travail. Il s’agissait d’une part de questionner les élèves sur leurs propres pratiques, de les amener à prendre du recul pour développer un usage personnel plus raisonné du web dit social et, d’autre part, de leur permettre de faire face aux évolutions de l’environnement économique et technique des emplois, ce qui se révèle essentiel pour ces lycéens professionnels confrontés très rapidement au monde du travail. Ainsi, ce projet visait à répondre à la nécessité de développer des compétences professionnelles, dans la perspective d’un emploi futur, dans des contextes professionnels en évolution, en particulier avec l’arrivée du numérique et notamment des réseaux sociaux.

Afin de travailler les notions de réseau social, d’identité numérique et d’e-reputation, ces lycéens professionnels ont été placés en situation concrète. Ils ont dû analyser la communication des entreprises sur les réseaux sociaux afin de proposer eux-même une stratégie à un commercial partenaire, puis effectuer une recherche sur les nouveaux réseaux sociaux professionnels utilisés par les entreprises pour recruter aujourd’hui, pour finalement créer leur CV numérique leur permettant de développer leur présence numérique professionnelle.

Cet épisode vous propose de revenir plus précisément sur ce projet et d’en découvrir les « coulisses », de la préparation au bilan en passant par l’intervention spécifique de la professeure documentaliste, pour comprendre comment, à partir des objectifs visés, ont été déterminés les choix de situations d’apprentissage, de ressources et d’outils didactiques pour les élèves ainsi que des modalités d’évaluation.

Épisode 2

Travailler la notion de désinformation en lycée professionnel : exemple dans le programme de Français de seconde « Informer-s’informer ».

Cette séance qui introduit la notion de désinformation, et celle de Fake-news, s’intègre dans un contexte actuel de surabondance d’informations. Comment les élèves peuvent-ils évaluer l’information ? Une des façons de répondre à cette question est de savoir ce qu’est la désinformation et ce qui la constitue. Cette séance d’environ 3h peut se suffire à elle-même, mais elle prend tout son sens en lycée professionnel dans la séquence « Informer-s’informer » du programme de Français en seconde.

Objectifs de la séance :

D’une part, les élèves doivent évaluer eux-mêmes différents types d’information selon deux critères définis au départ : « Niveau de manipulation de l’information » et « Volonté de nuire ». Le choix de ces deux critères est issu d’une classification disponible sur le site Wikipédia pour la définition de « désinformation ». Ils sont applicables aux quatre grands types d’information : désinformation (volonté de nuire et manipulation de l’information), mésinformation (pas de volonté de nuire et manipulation de l’information), information journalistique (pas de volonté de nuire et pas de manipulation de l’information) et malinformation (volonté de nuire et pas de manipulation de l’information). La malinformation est une notion qui n’est pas encore complètement définie, mais elle se rapprocherait de « publications délibérées d’informations privées dans l’intérêt d’une personne ou d’une entreprise plutôt que dans l’intérêt général. » (Wardle, 2019).

D’autre part les élèves doivent réinvestir ces deux critères dans l’élaboration d’un écrit langagier afin de structurer leur pensée autour des définitions de ces notions.

Cette séance présente l’avantage d’être adaptable à tous les niveaux du secondaire. Le niveau de difficulté sera adapté en fonction du nombre de définitions à restituer au final. Il est tout de même préférable de commencer en 3è pour que la notion de coordonnées à reporter dans un graphique soit acquise.

Cet épisode vous propose de revenir plus précisément sur cette séance et d’en découvrir les « coulisses », de la préparation au bilan, en passant par l’intervention spécifique de la professeure documentaliste. Vous y apprendrez comment, à partir des objectifs visés, les choix des situations d’apprentissage, des matériaux et des outils didactiques ont été déterminés pour les élèves, ainsi que les modalités d’évaluation.

Lettre aux IPR (suite)

Mesdames et messieurs les Inspectrices et Inspecteurs Régionaux en charge de la discipline de Documentation dans l’académie de Nantes,

Dans notre précédent courrier daté du 19/11/2020, nous évoquions les conditions de travail des professeur.es documentalistes rendues difficiles par la situation sanitaire et les insuffisances du cadrage proposé par l’institution. Les éléments apportés dans votre réponse du 23/11/2020 à ce sujet ne nous semblent pas répondre aux difficultés rencontrées par les collègues, et aux spécificités d’un lieu comme le CDI, dans lequel par exemple l’accès à des rayonnages et la mobilité des élèves rendent problématiques le respect d’un protocole qui ne les a jamais prévu
Mais l’actualité de la politique ministérielle vient ajouter un nouveau motif de vive indignation pour la profession, ce sera donc l’objet de notre lettre.
Dans votre courrier du 23/11, vous affirmez que notre « mission pédagogique demeure essentielle comme pour toutes les autres disciplines ».  Comment nous expliquezvous alors que le décret n° 2020-1524 du 05/12/2020 sur la création d’une prime d’équipement informatique nous exclut explicitement du corps enseignant ? Pourquoi  évincer  les professeur.es documentalistes que le référentiel des compétences professionnelles définit comme « enseignants et maîtres d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias » ? Ne sont-ils.elles pas titulaires d’un CAPES ? Devons-nous comprendre que, par le biais de ce détail comptable, le CAPES de Documentation serait remis en cause ?
Les deux seules raisons invoquées sont, à notre connaissance, d’une part que les professeur.es documentalistes ne sont pas « devant » les élèves et d’autre part qu’ilselles disposent d’équipement informatique sur leur lieu de travail. 
Les professeur.es documentalistes sont devant des élèves 30 heures par semaine, et le sont le plus souvent en situation pédagogique au même titre que les enseignant.es des autres disciplines. Les professeur.es documentalistes ne préparent que rarement leurs cours durant ce temps au CDI.
Ce lieu de ressources culturelles, de découverte et de curiosité n’est jamais sans élève et il n’y a de ce fait pas une heure sans sollicitation. A leur domicile, leur équipement  informatique personnel et leur connexion privée à Internet sont utilisés pour toutes les missions de leur activité professionnelle. Ainsi, pendant le confinement ilselles ont assuré, comme les autres enseignant.es, la continuité pédagogique.
Par conséquent, la discrimination véhiculée par le décret du 05/12/2020 est infondée. Au nom de l’APDEN Nantes, nous vous informons que cette non-reconnaissance de notre statut de professeur par le ministère de l’Éducation nationale est injuste et source de souffrance au travail. 
En tant qu’Inspecteurs-trices Pédagogiques Régionaux, vous êtes en lien direct avec les Inspecteurs-trices Généraux, et chargé·es d’appliquer les mesures ministérielles. Vous êtes amené·es à rencontrer les professeur·es documentalistes pendant leurs séances pédagogiques, pour les rendez-vous de carrière. Vous connaissez les travaux en didactique de l’information-documentation, de l’EMI. Nous souhaiterions un geste fort de votre part pour rétablir auprès du ministère notre intégrité professionnelle, telle qu’inscrite dans les textes.
Veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs les Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation, l’expression de nos salutations distinguées,
Le bureau de l’APDEN Nantes

Lettre ouverte aux inspecteur·trices

Aux Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation

Académie de Nantes

Le 19/11/2020

Mesdames, Messieurs,

 

La période de grande incertitude que nous vivons aujourd’hui rend les conditions de travail des professeur·es documentalistes difficiles et l’Apden Nantes s’interroge face à l’absence de communication spécifique envers les  professeur.es documentalistes depuis la rentrée de septembre et celle du 02 novembre.

Aucun des deux protocoles sanitaires successifs en vigueur dans les établissements scolaires ne reconnaît les particularités d’un Centre de Documentation et d’Information, lieu de brassage des élèves et de partage de documents ou d’outils informatiques. Celles et ceux qui font vivre ce lieu tous les jours perçoivent cette absence de directives comme une invisibilisation de cet espace mais aussi comme un éternel manque de reconnaissance de leur travail.

L’absence de cadrage national se traduit par une surcharge de travail, une charge mentale très lourde, et des tensions fréquentes avec les chefs d’établissements. Les professeur·es documentalistes ont dû ajouter à leurs tâches déjà nombreuses – notamment poursuivre leurs séances pédagogiques particulièrement nécessaires à l’heure actuelle-, la construction et la mise en place de mesures sanitaires adaptées pour limiter le brassage et la circulation du virus, et les défendre auprès des directions, parfois sans succès.

Dans une cacophonie générale, les CDI deviennent actuellement des variables d’ajustement au manque de lieux d’accueil, au manque de personnel, ou au contraire sont totalement fermés aux élèves. Les prêts de documents sont ici autorisés, et là non, ailleurs seulement sur réservation.

Il est incompréhensible que rien n’ait pu être décidé pour harmoniser les pratiques et soutenir les professeur·es documentalistes, alors que cela a été possible pour les autres disciplines à besoins particuliers (EPS, Arts…), et alors que les bibliothèques universitaires par exemple appliquent un protocole spécifique.

Les professeur·es  documentalistes sont dans l’attente d’un soutien fort et engagé de l’institution, pour réussir à traverser cette période.

C’est pourquoi, au nom des collègues de l’académie de Nantes, l’Apden Nantes vous demande urgemment :

– de communiquer aux collègues de l’académie un texte de cadrage et de soutien

– d’interpeller l’Inspection Générale pour obtenir un protocole sanitaire national concernant les CDI et les professeur·es documentalistes, aboutissant à la publication d’une fiche spécifique aux professeur·es  documentalistes (ou aux CDI) sur le site du ministère sur le modèle de l’EPS, de l’éducation musicale…

D’autre part, concernant la prime annuelle à l’équipement informatique de 150 euros annoncée par le ministre, nous souhaiterions avoir un éclaircissement de votre part. Cette prime sera-t-elle bien versée aux professeur·es  documentalistes ? Une rumeur persistante annonce l’inverse, ce qui semble invraisemblable. Ce serait un nouveau motif de souffrance au travail par manque de reconnaissance du métier, pour l’ensemble des collègues. Nous ne doutons pas que vous êtes en mesure de nous rassurer sur ce point.

Veuillez recevoir Mesdames et Messieurs les Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation l’expression de nos salutations distinguées

Le bureau de l’APDEN Nantes

Journée pro : les vidéos (1)

La Journée Professionnelle annuelle de l’APDEN Nantes s’est tenue le mardi 15 octobre 2019, à l’INSPE d’Angers. Le thème cette année était « De Tim Berners Lee aux GAFAM : Perspectives historiques et enjeux du web, pour la culture professionnelle et les pratiques des professeur·es documentalistes ».

Le CAPES a eu trente ans, et le web aussi. Associer ces deux anniversaires nous a semblé une évidence au regard des changements sur le métier qu’ont pu avoir ces deux évènements.

Nous avons d’abord accueilli Benjamin Thierry (Maître de conférences en histoire contemporaine, Université Paris-Sorbonne), pour une conférence stimulante autour de l’histoire et les enjeux des réseaux de données, expliquant pourquoi une régulation politique de ces réseaux était nécessaire et urgente, « pour faire entrer le numérique dans le giron de la démocratie ».

Après une introduction qui a permis de reposer clairement la différence entre internet (infrastructures) et web (technologies d’accès à l’information), et resituer les grands jalons historiques des réseaux de données en prenant du recul avec les dates d’une histoire uniquement « technique » qui a tendance à dépolitiser les enjeux de la circulation des données, B. Thierry a développé trois grandes idées.

D’abord celle de la dimension autonomiste de ces technologies, qui pose problème. Leur divorce d’avec les règles d’encadrement politique, la centration des discours sur les enjeux techniques, est une question d’actualité, qui nécessite de mettre en place une régulation (exemple de la monnaie « Facebook » qui est une attaque contre la légitimité des États).

Puis B. Thierry a abordé la question de la confusion entre information et connaissance, qui existe depuis l’essor des réseaux de données, et qui appelle notre mobilisation. Cette confusion est entretenue par les acteurs commerciaux du web, qui cherchent à capter du temps d’attention et n’ont donc pas intérêt à lutter contre la diffusion des rumeurs, et fausses informations.

Enfin, la troisième partie de la conférence a été consacrée aux valeurs de l’élitisme et du pragmatisme technologique. La scission entre « les clergés techniques » et les utilisateurs est de plus en plus forte. Une réflexion commune, philosophique et politique est pourtant indispensable afin de d’envisager un modèle de régulation de ces réseaux de données.

Vous trouverez ci-dessous les captations de cette conférence :

Partie 1 :

Partie 2 :

Questions de la salle :

Journée pro 2019 : à vos agendas !

L’APDEN Nantes vous convie à sa journée professionnelle

le mardi 15 octobre de 9h à 16h30

à l’Espé d’Angers

L’INSCRIPTION est INDISPENSABLE

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Nous aurons l’honneur et le plaisir de recevoir Benjamin Thierry, spécialiste de l’histoire du web, et deux représentants de Framasoft, Frédéric Urbain et Frédéric Véron, pour deux conférences suivies d’un temps d’échange avec la salle.

Voici le déroulé de cette journée
9h : accueil café
9h30 : conférence de Benjamin Thierry
11h15 : Assemblée générale de l’APDEN Nantes
12h30-14h : pause déjeuner (pas de restauration sur place)
14h : intervention de Frédéric Véron et de Frédéric Urbain (Framasoft)
16h-16h30 : clôture de la journée

Nous vous espérons nombreuses et nombreux !

Un courrier de l’inspection aux chefs d’établissements, les invitant à vous laisser participer à cette journée de réflexion, est arrivé dans vos établissements.

Webradio : épisodes 13 et 14 de Contre-plongée !

Voici les deux nouveaux épisodes de notre série « Contre-plongée (donnons la parole aux profdocs) ».

La page de la webradio

Il s’agit cette fois d’avoir les points de vue de deux collègues sur la prise de fonction et la construction de sa culture professionnelle, mais aussi de partager leurs expériences, sous la forme de conseils et astuces pour un bon déroulement de cours.
Bonne écoute !

Retour sur la rencontre avec les IA IPR EVS – 10 janvier 2019 au rectorat de Nantes

Le jeudi 10 janvier 2019, l’APDEN Nantes, représentée par quatre de ses membres, a rencontré les trois inspectrices académiques IPR EVS. Cette rencontre, sollicitée par l’association depuis deux ans, avait pour objectifs de mieux identifier les orientations de l’inspection, sa représentation du métier, et d’initier un échange sur la mise en place de notre nouveau cadre réglementaire (la circulaire de missions de mars 2017, le décret ORS de 2014 et le référentiel de compétences de 2013) au sein de l’Académie de Nantes, afin de repérer les éventuels points de divergence.
Nous vous transmettons ci-dessous les grandes lignes des sujets abordés pendant cet entretien, accompagnées de nos analyses.

Nous avons ouvert la rencontre par une présentation de l’association, ses orientations et des actions réalisées en 2018. Nous avons également évoqué le prochain Congrès National qui se déroulera à Grenoble du 22 au 24 mars sur le thème de la publication et invité les inspectrices à relayer l’information auprès des chef.fes d’établissement. Depuis, un courrier a bien été transmis pour faciliter la participation des professeur.es documentalistes de l’académie.

1) Un panorama de la profession dans l’académie

Afin de mieux cerner leur mission auprès de la profession, nous avons demandé aux inspectrices de nous faire part des points positifs et négatifs qu’elles avaient pu repérer sur le terrain depuis leurs prises de fonction.
Elles notent un manque de formation en didactique et en EMI, qui sera en partie comblé par les formations de bassin prévues l’année prochaine. Nous soulignons que c’est un aussi un besoin exprimé par les professeur.es documentalistes dans l’académie qui regrettent la disparition des journées départementales et la réorganisation des Journées de Rencontres Locales. Selon l’inspection, l’organisation de conférences n’est pas assez formative pour les collègues, insuffisantes voire inutiles si elles ne sont pas accompagnées. 

Nous pensons au contraire que c’est en se construisant une culture informationnelle commune, notamment par la rencontre avec des chercheurs et chercheuses, que l’ensemble des collègues pourront se professionnaliser et avoir le désir de se former en didactique. Les conférences sont donc complémentaires des Journées de Rencontres Locales et de la formation continue. 

D’autre part, les inspectrices souhaiteraient que les professeur.es documentalistes impulsent le volet numérique dans les établissements scolaires. Notre rôle, selon elles, est de conseiller, de questionner les pratiques et de permettre l’accès aux ressources numériques. Les inspectrices s’interrogent alors sur le peu d’implication du/de la professeur.e documentaliste sur ce point. Elles demandent aux chef.fes d’établissement d’organiser des temps de réflexion et d’échanges au sein des équipes et de promouvoir la parole du/de la professeur.e documentaliste au sein de ce dispositif. Lors de cet échange nous avons aussi abordé les sujets du GAR et de la RGPD, questions fondamentales selon elles. Pour les IPR, les professeur.es documentalistes ont toute l’expertise nécessaire dans ce domaine : le porter à la connaissance des collègues dans le cadre de la politique documentaire, réfléchir ensemble aux manières de se protéger et de former les élèves sur ces questions. 

Au regard de notre cadre réglementaire, nous estimons ne pas devoir être les conseiller.es numériques de nos collègues. La mise en place d’un volet numérique relève de l’ensemble de l’équipe éducative, et davantage du rôle du/de la RUPN (qui touche une indemnité pour cela), avec qui nous travaillons en collaboration, que du nôtre. Nous pensons également que les professeur.es documentalistes ont, grâce à leur expertise dans ce domaine, un regard informé et critique à porter sur la place du numérique dans l’école.

L’inspection constate qu’une minorité de professeur.es documentalistes s’impliquent dans les parcours et plus particulièrement dans l’éducation à l’orientation. Elles affirment qu’avoir un kiosque ONISEP n’est pas suffisant. 

La manière dont les professeur.es documentalistes répondent à la demande institutionnelle en matière d’éducation à l’orientation relève de leur liberté pédagogique, et de l’organisation de l’équilibrage entre leurs différentes missions. Nous pensons que l’éducation à l’orientation peut permettre d’enseigner des notions info-documentaires.

Les IPR regrettent que peu de collègues prennent part à l’évaluation des élèves, notamment celle des compétences transversales du socle, et qu’ils.elles sont souvent absent.es des conseils de classe. Elles sont conscientes des freins institutionnels. L’évaluation est à investir et elles œuvrent dans ce sens auprès des chef.fes d’établissement. Selon elles, si les professeur.es documentalistes apparaissent dans l’emploi du temps des élèves, une ligne dans le bulletin scolaire doit être ouverte. Elles soutiennent cette demande auprès des chef.fes d’établissement.

Cette question de l’évaluation nous apparaît importante. Cependant, elle ne doit pas se limiter aux compétences transversales mais est avant tout liée à la mise en place d’une progression en information-documentation. Rappelons d’autre part que nous ne touchons qu’une fraction de l’ISOE.

Enfin, les inspectrices ont tenu à mettre en avant les points forts suivants : la gestion du centre de ressources comme un lieu accueillant, adapté aux besoins des élèves et au cœur de la vie de l’établissement, le travail en collaboration avec les CPE, l’investissement des collègues dans les projets transversaux et les multiples actions en faveur du développement de la lecture.
Pour finir, elles observent que les conflits sont rares entre personnels de direction, CPE et professeur.es documentalistes, et elles nous font part de leur mission d’accompagnement et de médiation. Même si la coopération avec la vie scolaire leur semble importante, elles précisent bien que le CDI n’est en aucun cas une salle de permanence.

2) La mission d’enseignement au sein du nouveau cadre réglementaire

Nous avons interrogé les IPR sur les moyens déployés pour accompagner la mise en œuvre de notre nouveau cadre réglementaire et plus particulièrement notre mission d’enseignement. Les inspectrices indiquent qu’elles n’ont pas communiqué autour de la nouvelle circulaire de missions auprès des chef.fes d’établissements à l’exception des établissements où se trouvent des stagiaires.
Nous les questionnons ensuite sur l’application du décret n°2014 -940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignant.es exerçant dans un établissement public d’enseignement du second degré. Nous soulignons la difficulté des professeur.es documentalistes dans leurs établissements face à ce décret. Elles précisent le positionnement académique qui est de 30 heures + 6 heures et qui sous-entend une négociation locale, directe avec les principaux et proviseurs qui ont le dernier mot. Elles indiquent que peu de désaccords leur ont été remontés à ce sujet.

Bien que la circulaire n°2017-051 du 23 mars 2017 réaffirme notre rôle d’enseignant.es (« ils forment tous les élèves à l’information-documentation »), nous constatons une baisse très inquiétante du nombre de postes aux concours depuis plusieurs années. Nous interrogeons donc les inspectrices sur la question du recrutement, et du nombre de postes, par établissement dans l’académie. Les inspectrices ont conscience des difficultés rencontrées par certain.es professeur.es documentalistes qui sont seul.es dans des établissements de taille très variable. Elles précisent qu’un choix académique fixe à 1 le nombre de poste minimum par établissement, quelque soit le nombre d’élèves. Les inspectrices expliquent que les autres «moyens humains» possibles (aide-documentalistes) ne sont pas satisfaisants tant au niveau des postes alloués aux établissements (AED en nombre insuffisant) qu’au niveau des missions (personnels en service civique).
Dans ce contexte, nous nous interrogeons sur la faisabilité de « former tous les élèves à l’information documentation ». Nous questionnons les IPR sur le nombre d’heures d’enseignement recommandé en information-documentation. Elles se refusent à le faire. C’est de la responsabilité selon elles du/de la professeur.e documentaliste qui adapte la mise en place de cette formation au contexte de son établissement.

Nous notons que le mandat pédagogique des professeur.es documentalistes semble reconnu, mais regrettons qu’il soit laissé à la merci des arrangements locaux et à priori relatifs aux compétences transversales. L’enseignement de l’information-documentation paraît méconnu et considéré comme facultatif, au bon vouloir de chacun.e selon ses possibilités.

3) La formation continue

Nous avons évoqué la réforme du lycée et la nécessité d’un accompagnement pour les professeur.es documentalistes. Lors de la rencontre, les inspectrices ne disposaient que de peu d’éléments. Si les publications le nécessitent, les inspectrices se chargeront d’une formation spécifique pour les professeur.es documentalistes. Depuis, un courriel pour tous les enseignant.es a été adressé aux chef.fes d’établissement.

Nous terminons la rencontre en abordant la question des Journées de Rencontres Locales. Les inspectrices nous ont expliqué que les JRL étaient une spécificité des professeur.es documentalistes. Dans un but de normalisation (par le bas) vis-à-vis de nos collègues enseignant.es, et dans le but de développer une politique de formation à l’échelle territoriale, les JRL seront remplacées l’an prochain par des rencontres de bassin. A la rentrée 2019, tous les collègues pourront s’y inscrire (pas de limite de place) et il pourra y avoir plusieurs propositions de thèmes de travail au sein d’un même bassin, thèmes déterminés par les participant.es aux groupes, à partir des résultats de l’enquête diffusée en novembre 2018. Ainsi, durant une même journée, il sera possible d’organiser plusieurs ateliers sur des sujets différents. Pour ces rencontres, les IPR tiennent à préciser que les animateurs.trices n’ont pas de mission de formation. Cependant, ils.elles toucheront une indemnité.

Conclusion

Nous remercions les inspectrices de nous avoir accordé ce temps d’entretien. Nous retenons leur discours positif envers l’association, partenaire important selon elles.
Nous souhaitons que cette première rencontre permette d’ouvrir la possibilité d’une discussion constructive concernant le respect de notre mandat pédagogique en information-documentation, qui nécessite d’être accompagné et soutenu, de manière claire et explicite. Le besoin de formation en didactique est un constat partagé, ainsi que l’affirmation du PPCR articulé autour d’une séance pédagogique.
L’APDEN reste mobilisée, au service de la reconnaissance du métier !

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