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Lettre aux IPR (suite)

Mesdames et messieurs les Inspectrices et Inspecteurs Régionaux en charge de la discipline de Documentation dans l’académie de Nantes,

Dans notre précédent courrier daté du 19/11/2020, nous évoquions les conditions de travail des professeur.es documentalistes rendues difficiles par la situation sanitaire et les insuffisances du cadrage proposé par l’institution. Les éléments apportés dans votre réponse du 23/11/2020 à ce sujet ne nous semblent pas répondre aux difficultés rencontrées par les collègues, et aux spécificités d’un lieu comme le CDI, dans lequel par exemple l’accès à des rayonnages et la mobilité des élèves rendent problématiques le respect d’un protocole qui ne les a jamais prévu
Mais l’actualité de la politique ministérielle vient ajouter un nouveau motif de vive indignation pour la profession, ce sera donc l’objet de notre lettre.
Dans votre courrier du 23/11, vous affirmez que notre « mission pédagogique demeure essentielle comme pour toutes les autres disciplines ».  Comment nous expliquezvous alors que le décret n° 2020-1524 du 05/12/2020 sur la création d’une prime d’équipement informatique nous exclut explicitement du corps enseignant ? Pourquoi  évincer  les professeur.es documentalistes que le référentiel des compétences professionnelles définit comme « enseignants et maîtres d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias » ? Ne sont-ils.elles pas titulaires d’un CAPES ? Devons-nous comprendre que, par le biais de ce détail comptable, le CAPES de Documentation serait remis en cause ?
Les deux seules raisons invoquées sont, à notre connaissance, d’une part que les professeur.es documentalistes ne sont pas « devant » les élèves et d’autre part qu’ilselles disposent d’équipement informatique sur leur lieu de travail. 
Les professeur.es documentalistes sont devant des élèves 30 heures par semaine, et le sont le plus souvent en situation pédagogique au même titre que les enseignant.es des autres disciplines. Les professeur.es documentalistes ne préparent que rarement leurs cours durant ce temps au CDI.
Ce lieu de ressources culturelles, de découverte et de curiosité n’est jamais sans élève et il n’y a de ce fait pas une heure sans sollicitation. A leur domicile, leur équipement  informatique personnel et leur connexion privée à Internet sont utilisés pour toutes les missions de leur activité professionnelle. Ainsi, pendant le confinement ilselles ont assuré, comme les autres enseignant.es, la continuité pédagogique.
Par conséquent, la discrimination véhiculée par le décret du 05/12/2020 est infondée. Au nom de l’APDEN Nantes, nous vous informons que cette non-reconnaissance de notre statut de professeur par le ministère de l’Éducation nationale est injuste et source de souffrance au travail. 
En tant qu’Inspecteurs-trices Pédagogiques Régionaux, vous êtes en lien direct avec les Inspecteurs-trices Généraux, et chargé·es d’appliquer les mesures ministérielles. Vous êtes amené·es à rencontrer les professeur·es documentalistes pendant leurs séances pédagogiques, pour les rendez-vous de carrière. Vous connaissez les travaux en didactique de l’information-documentation, de l’EMI. Nous souhaiterions un geste fort de votre part pour rétablir auprès du ministère notre intégrité professionnelle, telle qu’inscrite dans les textes.
Veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs les Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation, l’expression de nos salutations distinguées,
Le bureau de l’APDEN Nantes

Lettre ouverte aux inspecteur·trices

Aux Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation

Académie de Nantes

Le 19/11/2020

Mesdames, Messieurs,

 

La période de grande incertitude que nous vivons aujourd’hui rend les conditions de travail des professeur·es documentalistes difficiles et l’Apden Nantes s’interroge face à l’absence de communication spécifique envers les  professeur.es documentalistes depuis la rentrée de septembre et celle du 02 novembre.

Aucun des deux protocoles sanitaires successifs en vigueur dans les établissements scolaires ne reconnaît les particularités d’un Centre de Documentation et d’Information, lieu de brassage des élèves et de partage de documents ou d’outils informatiques. Celles et ceux qui font vivre ce lieu tous les jours perçoivent cette absence de directives comme une invisibilisation de cet espace mais aussi comme un éternel manque de reconnaissance de leur travail.

L’absence de cadrage national se traduit par une surcharge de travail, une charge mentale très lourde, et des tensions fréquentes avec les chefs d’établissements. Les professeur·es documentalistes ont dû ajouter à leurs tâches déjà nombreuses – notamment poursuivre leurs séances pédagogiques particulièrement nécessaires à l’heure actuelle-, la construction et la mise en place de mesures sanitaires adaptées pour limiter le brassage et la circulation du virus, et les défendre auprès des directions, parfois sans succès.

Dans une cacophonie générale, les CDI deviennent actuellement des variables d’ajustement au manque de lieux d’accueil, au manque de personnel, ou au contraire sont totalement fermés aux élèves. Les prêts de documents sont ici autorisés, et là non, ailleurs seulement sur réservation.

Il est incompréhensible que rien n’ait pu être décidé pour harmoniser les pratiques et soutenir les professeur·es documentalistes, alors que cela a été possible pour les autres disciplines à besoins particuliers (EPS, Arts…), et alors que les bibliothèques universitaires par exemple appliquent un protocole spécifique.

Les professeur·es  documentalistes sont dans l’attente d’un soutien fort et engagé de l’institution, pour réussir à traverser cette période.

C’est pourquoi, au nom des collègues de l’académie de Nantes, l’Apden Nantes vous demande urgemment :

– de communiquer aux collègues de l’académie un texte de cadrage et de soutien

– d’interpeller l’Inspection Générale pour obtenir un protocole sanitaire national concernant les CDI et les professeur·es documentalistes, aboutissant à la publication d’une fiche spécifique aux professeur·es  documentalistes (ou aux CDI) sur le site du ministère sur le modèle de l’EPS, de l’éducation musicale…

D’autre part, concernant la prime annuelle à l’équipement informatique de 150 euros annoncée par le ministre, nous souhaiterions avoir un éclaircissement de votre part. Cette prime sera-t-elle bien versée aux professeur·es  documentalistes ? Une rumeur persistante annonce l’inverse, ce qui semble invraisemblable. Ce serait un nouveau motif de souffrance au travail par manque de reconnaissance du métier, pour l’ensemble des collègues. Nous ne doutons pas que vous êtes en mesure de nous rassurer sur ce point.

Veuillez recevoir Mesdames et Messieurs les Inspecteurs et Inspectrices Pédagogiques Régionaux en charge de la Documentation l’expression de nos salutations distinguées

Le bureau de l’APDEN Nantes

Retour sur la rencontre avec les IA IPR EVS – 10 janvier 2019 au rectorat de Nantes

Le jeudi 10 janvier 2019, l’APDEN Nantes, représentée par quatre de ses membres, a rencontré les trois inspectrices académiques IPR EVS. Cette rencontre, sollicitée par l’association depuis deux ans, avait pour objectifs de mieux identifier les orientations de l’inspection, sa représentation du métier, et d’initier un échange sur la mise en place de notre nouveau cadre réglementaire (la circulaire de missions de mars 2017, le décret ORS de 2014 et le référentiel de compétences de 2013) au sein de l’Académie de Nantes, afin de repérer les éventuels points de divergence.
Nous vous transmettons ci-dessous les grandes lignes des sujets abordés pendant cet entretien, accompagnées de nos analyses.

Nous avons ouvert la rencontre par une présentation de l’association, ses orientations et des actions réalisées en 2018. Nous avons également évoqué le prochain Congrès National qui se déroulera à Grenoble du 22 au 24 mars sur le thème de la publication et invité les inspectrices à relayer l’information auprès des chef.fes d’établissement. Depuis, un courrier a bien été transmis pour faciliter la participation des professeur.es documentalistes de l’académie.

1) Un panorama de la profession dans l’académie

Afin de mieux cerner leur mission auprès de la profession, nous avons demandé aux inspectrices de nous faire part des points positifs et négatifs qu’elles avaient pu repérer sur le terrain depuis leurs prises de fonction.
Elles notent un manque de formation en didactique et en EMI, qui sera en partie comblé par les formations de bassin prévues l’année prochaine. Nous soulignons que c’est un aussi un besoin exprimé par les professeur.es documentalistes dans l’académie qui regrettent la disparition des journées départementales et la réorganisation des Journées de Rencontres Locales. Selon l’inspection, l’organisation de conférences n’est pas assez formative pour les collègues, insuffisantes voire inutiles si elles ne sont pas accompagnées. 

Nous pensons au contraire que c’est en se construisant une culture informationnelle commune, notamment par la rencontre avec des chercheurs et chercheuses, que l’ensemble des collègues pourront se professionnaliser et avoir le désir de se former en didactique. Les conférences sont donc complémentaires des Journées de Rencontres Locales et de la formation continue. 

D’autre part, les inspectrices souhaiteraient que les professeur.es documentalistes impulsent le volet numérique dans les établissements scolaires. Notre rôle, selon elles, est de conseiller, de questionner les pratiques et de permettre l’accès aux ressources numériques. Les inspectrices s’interrogent alors sur le peu d’implication du/de la professeur.e documentaliste sur ce point. Elles demandent aux chef.fes d’établissement d’organiser des temps de réflexion et d’échanges au sein des équipes et de promouvoir la parole du/de la professeur.e documentaliste au sein de ce dispositif. Lors de cet échange nous avons aussi abordé les sujets du GAR et de la RGPD, questions fondamentales selon elles. Pour les IPR, les professeur.es documentalistes ont toute l’expertise nécessaire dans ce domaine : le porter à la connaissance des collègues dans le cadre de la politique documentaire, réfléchir ensemble aux manières de se protéger et de former les élèves sur ces questions. 

Au regard de notre cadre réglementaire, nous estimons ne pas devoir être les conseiller.es numériques de nos collègues. La mise en place d’un volet numérique relève de l’ensemble de l’équipe éducative, et davantage du rôle du/de la RUPN (qui touche une indemnité pour cela), avec qui nous travaillons en collaboration, que du nôtre. Nous pensons également que les professeur.es documentalistes ont, grâce à leur expertise dans ce domaine, un regard informé et critique à porter sur la place du numérique dans l’école.

L’inspection constate qu’une minorité de professeur.es documentalistes s’impliquent dans les parcours et plus particulièrement dans l’éducation à l’orientation. Elles affirment qu’avoir un kiosque ONISEP n’est pas suffisant. 

La manière dont les professeur.es documentalistes répondent à la demande institutionnelle en matière d’éducation à l’orientation relève de leur liberté pédagogique, et de l’organisation de l’équilibrage entre leurs différentes missions. Nous pensons que l’éducation à l’orientation peut permettre d’enseigner des notions info-documentaires.

Les IPR regrettent que peu de collègues prennent part à l’évaluation des élèves, notamment celle des compétences transversales du socle, et qu’ils.elles sont souvent absent.es des conseils de classe. Elles sont conscientes des freins institutionnels. L’évaluation est à investir et elles œuvrent dans ce sens auprès des chef.fes d’établissement. Selon elles, si les professeur.es documentalistes apparaissent dans l’emploi du temps des élèves, une ligne dans le bulletin scolaire doit être ouverte. Elles soutiennent cette demande auprès des chef.fes d’établissement.

Cette question de l’évaluation nous apparaît importante. Cependant, elle ne doit pas se limiter aux compétences transversales mais est avant tout liée à la mise en place d’une progression en information-documentation. Rappelons d’autre part que nous ne touchons qu’une fraction de l’ISOE.

Enfin, les inspectrices ont tenu à mettre en avant les points forts suivants : la gestion du centre de ressources comme un lieu accueillant, adapté aux besoins des élèves et au cœur de la vie de l’établissement, le travail en collaboration avec les CPE, l’investissement des collègues dans les projets transversaux et les multiples actions en faveur du développement de la lecture.
Pour finir, elles observent que les conflits sont rares entre personnels de direction, CPE et professeur.es documentalistes, et elles nous font part de leur mission d’accompagnement et de médiation. Même si la coopération avec la vie scolaire leur semble importante, elles précisent bien que le CDI n’est en aucun cas une salle de permanence.

2) La mission d’enseignement au sein du nouveau cadre réglementaire

Nous avons interrogé les IPR sur les moyens déployés pour accompagner la mise en œuvre de notre nouveau cadre réglementaire et plus particulièrement notre mission d’enseignement. Les inspectrices indiquent qu’elles n’ont pas communiqué autour de la nouvelle circulaire de missions auprès des chef.fes d’établissements à l’exception des établissements où se trouvent des stagiaires.
Nous les questionnons ensuite sur l’application du décret n°2014 -940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignant.es exerçant dans un établissement public d’enseignement du second degré. Nous soulignons la difficulté des professeur.es documentalistes dans leurs établissements face à ce décret. Elles précisent le positionnement académique qui est de 30 heures + 6 heures et qui sous-entend une négociation locale, directe avec les principaux et proviseurs qui ont le dernier mot. Elles indiquent que peu de désaccords leur ont été remontés à ce sujet.

Bien que la circulaire n°2017-051 du 23 mars 2017 réaffirme notre rôle d’enseignant.es (« ils forment tous les élèves à l’information-documentation »), nous constatons une baisse très inquiétante du nombre de postes aux concours depuis plusieurs années. Nous interrogeons donc les inspectrices sur la question du recrutement, et du nombre de postes, par établissement dans l’académie. Les inspectrices ont conscience des difficultés rencontrées par certain.es professeur.es documentalistes qui sont seul.es dans des établissements de taille très variable. Elles précisent qu’un choix académique fixe à 1 le nombre de poste minimum par établissement, quelque soit le nombre d’élèves. Les inspectrices expliquent que les autres «moyens humains» possibles (aide-documentalistes) ne sont pas satisfaisants tant au niveau des postes alloués aux établissements (AED en nombre insuffisant) qu’au niveau des missions (personnels en service civique).
Dans ce contexte, nous nous interrogeons sur la faisabilité de « former tous les élèves à l’information documentation ». Nous questionnons les IPR sur le nombre d’heures d’enseignement recommandé en information-documentation. Elles se refusent à le faire. C’est de la responsabilité selon elles du/de la professeur.e documentaliste qui adapte la mise en place de cette formation au contexte de son établissement.

Nous notons que le mandat pédagogique des professeur.es documentalistes semble reconnu, mais regrettons qu’il soit laissé à la merci des arrangements locaux et à priori relatifs aux compétences transversales. L’enseignement de l’information-documentation paraît méconnu et considéré comme facultatif, au bon vouloir de chacun.e selon ses possibilités.

3) La formation continue

Nous avons évoqué la réforme du lycée et la nécessité d’un accompagnement pour les professeur.es documentalistes. Lors de la rencontre, les inspectrices ne disposaient que de peu d’éléments. Si les publications le nécessitent, les inspectrices se chargeront d’une formation spécifique pour les professeur.es documentalistes. Depuis, un courriel pour tous les enseignant.es a été adressé aux chef.fes d’établissement.

Nous terminons la rencontre en abordant la question des Journées de Rencontres Locales. Les inspectrices nous ont expliqué que les JRL étaient une spécificité des professeur.es documentalistes. Dans un but de normalisation (par le bas) vis-à-vis de nos collègues enseignant.es, et dans le but de développer une politique de formation à l’échelle territoriale, les JRL seront remplacées l’an prochain par des rencontres de bassin. A la rentrée 2019, tous les collègues pourront s’y inscrire (pas de limite de place) et il pourra y avoir plusieurs propositions de thèmes de travail au sein d’un même bassin, thèmes déterminés par les participant.es aux groupes, à partir des résultats de l’enquête diffusée en novembre 2018. Ainsi, durant une même journée, il sera possible d’organiser plusieurs ateliers sur des sujets différents. Pour ces rencontres, les IPR tiennent à préciser que les animateurs.trices n’ont pas de mission de formation. Cependant, ils.elles toucheront une indemnité.

Conclusion

Nous remercions les inspectrices de nous avoir accordé ce temps d’entretien. Nous retenons leur discours positif envers l’association, partenaire important selon elles.
Nous souhaitons que cette première rencontre permette d’ouvrir la possibilité d’une discussion constructive concernant le respect de notre mandat pédagogique en information-documentation, qui nécessite d’être accompagné et soutenu, de manière claire et explicite. Le besoin de formation en didactique est un constat partagé, ainsi que l’affirmation du PPCR articulé autour d’une séance pédagogique.
L’APDEN reste mobilisée, au service de la reconnaissance du métier !

L’Apden Nantes sollicite les élu·es (rencontre)

Suite à notre courrier aux élu·es, François de Rugy, président de l’assemblée nationale et député de la première circonscription de Loire-Atlantique nous a sollicité pour un entretien avec son attaché parlementaire Yann Chaillou, à Nantes.

Nous nous y sommes rendues le 30 avril, la rencontre a duré trois quarts d’heure pendant lesquels nous avons eu le sentiment d’être écoutées. Rendez-vous a été pris pour lui faire part de nos remarques après la parution du rapport de la Mission d’information sur l’école dans la société numérique présidée par Bruno Studer (voir : http://apden.org/Mission-d-information-sur-l-ecole.html)

Voici la synthèse écrite de notre intervention :

« Nous souhaitons vous alerter sur le sous-emploi des professeur·es documentalistes, titulaires d’un Capes adossé aux Sciences de l’Information et de Communication depuis 1989. Aujourd’hui, les enjeux de leurs contenus d’enseignement et les besoins de formation des élèves, futurs citoyens et citoyennes, sont particulièrement cruciaux, notamment depuis 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et face à la question de la désinformation, des fakes news et théories complotistes qui circulent sur les réseaux.

Dans la mesure où les professeur.es documentalistes n’ont pas les moyens concrets d’enseigner, nous avons en effet une impression de gâchis des ressources et de ces compétences présentes dans les établissements pour une formation efficace des élèves aux cultures informationnelle, médiatique et numérique.

L’Association des Professeur·es Documentalistes de l’Education Nationale (APDEN) est une instance de réflexion sur nos pratiques professionnelles. Elle a pour objectif de faire connaître et reconnaître le métier de professeur·e documentaliste. Dans ce but, elle travaille en relation avec la recherche universitaire pour organiser l’enseignement de l’information-documentation. Elle a récemment proposé un programme curriculaire pour les collèges et lycées, structuré et progressif, qui s’appuie sur les pratiques des élèves, et vise à la fois une maîtrise intellectuelle et technique des notions et des outils, et une responsabilité éthique des élèves dans le monde qui les entoure.

La profession a évolué depuis la création des CDI (Centres de Documentation et d’Information) dans les années 70. L’idée que les élèves ont besoin d’être formé·es à des contenus qui dépassent la seule méthodologie documentaire, s’est imposée. L’environnement informationnel des élèves a ainsi été profondément modifié et complexifié avec l’apparition d’Internet. L’enseignement de l’information-documentation a pour objectif principal de permettre aux élèves d’être capables de prendre du recul et d’exercer leur esprit critique face à l’information, aux médias, et plus généralement aux enjeux du numérique dans la société.

D’ailleurs la récente circulaire de mission du 28 mars 2017 précise que «[les professeur·es documentalistes] forment tous les élèves à l’information documentation et contribuent à leur formation en matière d’éducation aux médias et à l’information ». C’est pourquoi L’Apden Nantes revendique des modules horaires dédiés auprès des élèves et inscrits dans les textes réglementaires, une place concrète pour l’information-documentation, et des moyens à la hauteur des ambitions affichées. »

Désinformation, dans les livres de référence aussi…


Ajout du 13 Août 2018 :
Jean-Louis Auduc nous a fait part il y a déjà quelques semaines du fait qu’il avait prévu de modifier la prochaine édition de son ouvrage, en tenant compte des erreurs pointées par Pascal Duplessis dans l’article relaté ci-dessous. La réaction de l’auteur démontre l’intérêt d’être vigilant·es en ce qui concerne toutes les publications liées à la profession. Nous remercions Jean-Louis Auduc pour sa réactivité et son écoute.

A propos de l’article de Pascal Duplessis :
Auduc, ô désespoir ! Autorité informationnelle et désinformation au préjudice des professeur·e.s documentalistes

En avril dernier, Pascal Duplessis, formateur ESPE, a publié un long article analysant la façon dont Jean-Louis Auduc a présenté notre profession et son évolution dans son dernier ouvrage « Le système éducatif français aujourd’hui : de la maternelle à la terminale », édition de 2017.

Force est de constater que M. Auduc, bien qu’auteur de multiples ouvrages sur le système éducatif, connaît mal notre profession, et a multiplié les erreurs factuelles dans son texte, et les visions erronées relevant de la désinformation.

Ainsi, l’encadré consacré à l’APDEN comporte des rapprochements hasardeux et des choix d’extraits tronqués.

De même, notre nouvelle circulaire de missions n’est pas présentée dans son intégralité (l’axe 1- Enseignement- étant même amputé de 90% de son contenu), ce qui peut prêter à confusion auprès des lecteurs.

Notre métier semble réduit, à travers les descriptions qu’en fait M. Auduc, à une vision gestionnaire, bien éloignée des textes de lois nous régissant et de la réalité du terrain.

Nous sommes confronté·es ici à une dépréciation de notre profession, en particulier à travers l’extrait portant sur les 3C, censés remplacer des CDI vieillissants et mal gérés.

Face à ces erreurs multiples, et dans la mesure où notre mandat pédagogique semble avoir été volontairement omis, nous – professeurs documentalistes spécialistes de l’information-documentation- considérons que M. Auduc n’a pas effectué correctement son travail de recherche et d’analyse. Les représentations fausses de notre profession qu’il véhicule à travers son ouvrage, relèvent pour nous de la désinformation et nous portent préjudice.

Nous espérons que M. Auduc apportera des corrections dans les prochaines éditions de son ouvrage, mais en attendant, l’APDEN Nantes appelle ses adhérent·es à insérer un rectificatif dans l’ouvrage s’il fait partie du fonds documentaire de l’établissement, à avertir les personnels des bibliothèques et médiathèques le cas échéant, et à s’éloigner des ouvrages documentaires écrits par M. Auduc, ainsi que de ceux publiés par son éditeur (et par conséquent responsable éditorial), Hachette Education.

L’APDEN auditionnée à l’Assemblée Nationale

Jeudi 08 mars 2018, Gaëlle Sogliuzzo, professeure documentaliste et présidente du bureau national de l’APDEN, accompagnée de Pascal Duplessis, Olivier le Deuff et Élisabeth Schneider, membres tous les trois du GRCDI (Groupe de Recherche sur la Culture et la Didactique de l’Information), ont été reçus devant la Commission des affaires culturelles et éducatives de l’Assemblée Nationale.
Cette audition a eu lieu dans le cadre de la mission d’information sur « l’école dans la société du numérique », présidée par Bruno Studer, qui doit remettre des propositions concrètes au gouvernement notamment sur la question de la formation des élèves du secondaire.

Une occasion exceptionnelle, donc, pour faire connaître et reconnaître le rôle et la place des professeur·es documentalistes et ce qu’est l’enseignement de l’information-documentation.
Quatre exposés complémentaires, indissociables, et très convaincants, ont permis de relever le défi :
Gaëlle Sogliuzzo a commencé par une présentation complète et argumentée du travail de l’association pour la reconnaissance du métier, puis Olivier Le Deuff (chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication) a montré pourquoi la question du numérique à l’école devait s’appuyer sur la recherche en SIC, et comment les professeur·es documentalistes envisageaient le numérique comme une culture, indissociable de celles de l’information et des médias. Élisabeth Schneider, chercheuse mais aussi responsable du MEEF Documentation à l’Espé de Caen a ensuite explicité ce lien avec les SIC en présentant les contenus de la formation initiale des professeur·es documentalistes, et l’exigence disciplinaire de la préparation au CAPES, en insistant sur le décalage entre la spécialisation et l’expertise des étudiant·es et la réalité du terrain, qui peine à prendre en compte l’évolution du métier et son ancrage dans les SIC. Ancrage qui permet la présence depuis une dizaine d’années d’une didactique de l’information-documentation, qui accompagne les pratiques enseignantes du terrain. Cette didactique et ses trois visées intellectuelle, technique et éthique ont fait l’objet de l’intervention de Pascal Duplessis (professeur documentaliste, responsable du Parcours MEEF Documentation pour l’académie de Nantes) qui est également revenu sur l’idée de culture informationnelle, numérique et médiatique, ces trois aspects inséparables pour envisager un enseignement émancipateur pour l’élève, dans cette « société du numérique ».

Nous espérons que Bruno Studer aura eu une écoute attentive qui lui permettra de ménager une place à l’information-documentation dans ses propositions de mise en œuvre d’une formation « au numérique » pour tous les élèves…
Quoiqu’il en soit, merci aux quatre intervenantes d’avoir si bien défendu la profession, et de nous avoir fourni un document que nous diffuserons à chaque fois que le besoin de mise au point sur la différence entre « documentaliste » et « professeur·e documentaliste » se fera sentir !

La vidéo de l’audition

L’article sur le site de l’APDEN

Bonne année !

Les membres du bureau de l’APDEN Nantes vous présentent ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
Que 2018 réponde à vos attentes professionnelles et personnelles.

Pour 2018, l’APDEN Nantes souhaite poursuivre des projets initiés ces dernières années : la webradio (contre plongée : donnons la parole aux profs docs), les rencontres trimestrielles avec vous (vous pouvez d’ores et déjà noter la date de notre pique nique de fin d’année : le 2 juin 2018, lieu à confirmer), l’organisation de notre journée professionnelle en novembre … Nous souhaiterions également demander une rencontre avec nos inspecteurs.trices afin de leur présenter l’APDEN, d’échanger sur notre profession et de leur expliquer notre rôle d’association professionnelle.

L’APDEN Nantes compte aujourd’hui 6 membres au sein de son bureau et s’attache toujours plus à défendre notre profession et à faire reconnaître notre identité enseignante.

Une très bonne année à toutes et à tous !

Courriers aux députés et sénateurs

En décembre dernier ont été contacté 30 députés et 17 sénateurs de notre région afin de leur expliquer le rôle du professeur documentaliste et de les interpeller sur le manque de reconnaissance de notre mission pédagogique. Nous ont poliment répondu : Jean-Claude Boulard (sénateur 72) et Véronique Besse (députée 44). Ont écrit à la ministre (cliquer sur les noms pour en savoir plus) : Christophe Priou (député 44), Annick Billon (sénatrice 85) et Françoise Dubois (députée 72) dont la réponse de la ministre est restituée ci-dessous.

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